La croissance américaine du deuxième trimestre a été révisée en baisse à 3,8%, au lieu de 4,0% annoncé initialement, en raison d'importations plus élevées que prévues, a indiqué jeudi le département du Commerce, dans son ultime estimation. C'est la croissance la plus vigoureuse enregistrée depuis le premier trimestre 2006, et un chiffre à peu près conforme aux attentes des analystes qui tablaient sur une hausse de 3,9% du Produit intérieur brut (PIB), après + 0,6% seulement au trimestre précédent (en rythme annuel). Du côté de l'inflation, le ministère a revu en légère hausse la mesure la plus suivie par les analystes, à savoir l'indice des prix lié aux dépenses de consommation. L'indice principal a augmenté de 4,3% (au lieu de 4,2%), et celui hors alimentation et énergie a progressé de 1,4% (au lieu de 1,3%).
Dépêche du jour :
Le président de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke a reconnu jeudi à Washington que les ravages générés dans le monde par la crise du marché hypothécaire américain avaient dépassé les prévisions les plus pessimistes". Les turbulences ont eu pour origine les inquiétudes sur les crédits hypothécaires à risques, mais les pertes qui en ont résulté sur les marchés financiers mondiaux ont largement dépassé les estimations les plus pessimistes du montant des pertes possibles sur ces prêts, a souligné M. Bernanke, qui était auditionné par le Congrès américain. M. Bernanke intervenait pour la première fois en public depuis la décision, mardi, de la Réserve fédérale d'abaisser d'un demi - point de pourcentage ses deux taux directeurs pour éviter une contagion de cette crise financière à l'économie réelle. La crise sur les marchés a en effet "accru les incertitudes sur les perspectives de la croissance mondiale", selon le texte de son discours, diffusé à l'avance par ses services. Pour la patron de la Fed, le système financier mondial est toutefois dans une "position relativement solide" pour sortir de la crise. Une plus grande transparence sur les marchés sera nécessaire pour éviter une répétition de ce genre de crise.
Dépeche du jour :
La Banque Centrale européenne (BCE) a confirmé jeudi préférer attendre un retour au calme des marchés financiers avant éventuellement de remonter ses taux directeurs, sur fonds d'économie jugée toujours solide, et d'augmentation des risques d'inflation. "Etant donné le niveau élevé d'incertitude, nous avons besoin d'informations supplémentaires avant de tirer des conclusions pour la politique monétaire", indique la BCE dans son bulletin mensuel, qui confirme les propos tenus la semaine dernière par son président Jean - Claude Trichet. L'institut continue à juger solide la relance économique dans la zone euro, et insiste sur la croissance des risques de dérapage des prix liée pêle - mêle à des hausses d'impôts indirects, à l'éventualité d'augmentations salariales supérieures à la productivité, et à la montée des prix du pétrole, et des prix agricoles. Mercredi, le baril d'or noir a pour la première fois dépassé le seuil des 80 dollars à New York. "Dans le contexte actuel, il est d'autant plus important que les attentes en matière d'inflation restent fermement ancrées à des niveaux conformes à la stabilité des prix", selon le rapport. La politique monétaire de la BCE reste "plutôt accommodante". En clair, un nouveau durcissement des taux serait nécessaire pour contrer les dangers de surchauffe des prix. Les gardiens de l'euro ont renoncé jeudi dernier à relever le principal taux directeur de 4 à 4,25%, comme ils l'avaient envisagé début août avant le plongeon des marchés dans le sillage de la crise du "subprime", aux Etats - Unis. Les remous demeurent, et ne sont pas prêts de disparaître rapidement, selon les experts. La Réserve fédérale américaine devrait de surcroît prochainement abaisser ses taux pour aider son économie affectée par la débâcle des crédits hypothécaires à risques. L'euro, qui a dépassé 1,39 dollar, fait aussi peser des risques sur la croissance. De nombreux économistes misent en conséquence sur un statu quo monétaire, dans la zone euro sur une longue période, au moins jusqu'au début de l'an prochain.
Selon une dépêche du jour :
La crise des prêts hypothécaires américains ne devrait avoir qu'un "impact limité sur l'économie réelle", et provoquera un "ralentissement modéré", de l'économie américaine, a estimé l'économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) Simon Johnson, mercredi devant la presse à Paris. Mr Johson a estimé qu'il était "un peu trop tôt pour dire si l'économie européenne est en train de ralentir", en raison de cette crise. Fin juillet, le FMI, parlant de "boom mondial", avait relevé sa prévision de croissance mondiale pour 2007 et 2008, à 5,2%, contre 4,9%, précédemment pour ces deux années. Début septembre, il a indiqué qu'à la lumière de la crise de l'été, il allait réviser à la baisse ses prévisions de croissance 2008, lors de la prochaine mise à jour prévue mi - octobre. Cette prochaine révision concernera surtout aux Etats - Unis, mais aussi la zone euro, avait dit le fonds. Mr Johnson n'a pas chiffré cette future révision. Hormis, la situation du marché hypothécaire, "les autres fondamentaux de l'économie américaine restent solides, notamment "la consommation des ménages et les investissements des entreprises", a - t - il estimé. "La crise immobilière va continuer à ralentir la croissance américaine l'année prochaine", a - t - il toutefois ajouté. Mais le ralentissement américain n'aura qu'un "petit impact", sur la croissance mondiale, a - t - il affirmé. Mr Johnson a jugé que l'exposition des banques eurpéennes au crédit hypothécaire à risques aux USA" avait été "une surprise". Il a estimé qu'il fallait de nouveau s'interroger sur la régulation du système financier. "Nous devons réévaluer l'idée selon laquelle nous avons une bonne maîtrise du système financier à travers la régulation actuelle" a - t - il dit. "C'est un signal d'alarme", a - t - il ajouté. Mr Johnsona ainsi relevé que les banques sont aujourd'hui "beaucoup moins désireuses de se prêter entre elles". "Au plus fort de la crise, les banques centrales ont injecté des liquidités pour remédier à ce problème", a rappelé Mr Johnson. Mais, a - t - il souligné, "ce problème n'a pas été résolu et nous ne comprenons pas vraiment pourquoi cela continue". Il y a aujourd'hui un "problème de plomberie" dans le marché interbancaire, a - t - il estimé. Mais l'économiste s'est montré "satisfait" de la manière dont la Banque Centrale américaine (Fed), et la Banque centrale européenne (BCE), avaient réagi à la crise. Les banques centrales "sont prêtes à injecter des liquidités dans le système", ce qui devrait aider les banques à court terme, selon lui. La BCE a une nouvelle fois procédé à une injection de liquidités mercredi, pour apaiser les tensions liées à la crise. Interrogé sur la future décision de taux de la Fed, dont le comité de politique monétaire se réunit mardi prochain, Mr Johnson a jugé que la Fed "essayait actuellement d'évaluer les effets de la crise sur l'économie". "La décision de la Fed va dépendre de la teneur des indicateurs économiques qui vont être publiés entre aujourd'hui et la réunion", a jugé Mr Johnson. "Si elle voit les signes d'affaiblissements de l'économie américaine, la Fed sera plus encline à baisser ses taux", a - t - il ajouté. Les derniers chiffres de l'emploi aux Etats - Unis ont surpris vendredi dernier, puisque l'économie américaine a supprimé 4 000 emplois en août quand les analystes tablaient à l'inverse sur 110 000 créations d'emplois. Le solde mensuel des créations n'avait pas été négatif depuis août 2003.
OPCVM = Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières, sont des portefeuilles de valeurs mobilières agrées par l'Autorité des marchés financiers. Gérés par des professionnels selon des critères affichés dans la notice d'information, ou le prospectus, ils permettent aux investisseurs particuliers ou professionnels de détenir sous forme de parts, ou d'actions une fraction d'un portefeuille de valeurs mobilières.
Il existe deux formes juridiques d'OPCVM :
- les fonds communs de placement (FCP),
Forme juridique : copropriété de valeurs mobilières
Capital minimum : 400 000 € (si la valorisation du fonds descend en - dessous des 300 000 €, le fonds sera cloturé).
Qualité des investisseurs : porteurs de parts.
- les sociétés d'investissement à capital variable (SICAV),
Forme juridique : société anoyme (SA), qui a pour objet la gestion d'un portefeuille de valeurs mobilières.
Capital minimum : 8 millions d'euros (si la valorisation du fonds descend en - dessous des 3 millions d'euros, le fonds sera dissoud).
Qualité des investisseurs : actionnaires.
* Liste de famille des OPCVM
- OPCVM "actions" : actions françaises, actions des pays de la Communauté européenne, actions des pays de la zone euro, actions internationales.
Investis ou exposés à hauteur de 60% au moins sur un marché d'actions.
- OPCVM "obligations et autres titres de créances" : obligations et autres titres de créances libellés en euros, obligations et autres titres de créances internationaux.
Investis en produit de taux.
- OPCVM "monétaires" : monétaires euro, monétaires à vocation internationale.
Affichent une référence à un ou plusieurs indicateurs monétaires.
- OPCVM "diversifiés" : n'appartiennent à aucune des autres catégories.
- OPCVM "de fonds alternatifs" : investis à plus de 10% dans d'autres OPCVM.
- OPCVM "fonds à formule" : leur performance est obtenue par l'application d'une formule de calcul prédéfinie reposant sur un ou plusieurs indicateurs de marchés ou instruments financiers.