Analyser le passé du CAC 40 pour mieux anticiper son avenir ... En voilà une belle formule. Beaucoup viendront vous raconter que ce n'est pas envisageable. Pourquoi ? L'indice est trop jeune, âgé de 19 ans. En effet, établi sur la base des 1 000 points le 31 décembre 1987, le CAC 40 n'est réellement utilisé qu'à partir du 15 Juin 1988. Mais, en fait, la raison est ailleurs ...
Régulièrement, on modifie la distribution des cartes. La composition du CAC 40 est, sans cesse, remaniée. Il est même fréquent que notre indice des "quarante plus grandes capitalisations françaises" (l'emploi des guillemets est de rigueur puisque ce n'est pas du tout une définition adéquate) ne comporte pas quarante valeurs.
Chaque année, depuis 1988, ont lieu, un peu plus de trois retraits et trois nouvelles admissions 1. Alors, bien évidemment, il s'agit d'une moyenne et certaines années sont plus agitées que d'autres. Je ne jette pas la pierre sur les autorités s'occupant de la Bourse française, et ce n'est finalement la faute de personne. Lors d'une OPA, par exemple, il n'y a pas d'autres possibilités que de retirer la valeur. De même, on ne peut pas refuser l'entrée à une entreprise qui mérite sa place, et je pense, entre autres, à Vallourec qui vient de rejoindre la composition de l'indice phare de la place parisienne. Encore que, pourquoi sortir Publicis alors que Thomson semblait le candidat idéal à pousser vers la sortie ?
Pour continuer à traiter de cet exemple, comment peut on comparer des progressions de :
66.67% pour Vallourec et -7.20% pour Publicis en 2004
322.73% pour Vallourec et 23.27% pour Publicis en 2005
136.88% pour Vallourec et 8.67% pour Publicis en 2006
Comparer le PER du CAC aujourd'hui comprenant Vallourec avec le PER du CAC en 2004 qui comptait Publicis à sa place ne sert pas notre cause. C'est ainsi, que depuis l'éclatement de la bulle Internet, les analystes financiers nous racontent que le PER du CAC40 n'augmente pas et reste intéressant à acheter.
Comment les valeurs sont-elles sélectionnées ? 2 D'abord, elles doivent figurer parmi les cent premières capitalisations françaises. Ensuite, elles doivent offrir une liquidité suffisante : flottant, montant des transactions, volume quotidien. Enfin, on essaye de garder une diversification des secteurs de l'économie au sein du CAC 40. Je n'ai jamais eu à m'occuper de ces changements de composition, mais j'imagine bien qu'on a une réserve conséquente dans le SBF 80, capable de remplir ces conditions. La différence doit alors se jouer sur des points plus sombres, jouant pour la progression de l'indice ...
Aujourd'hui, Air France est devant la porte. Aucune compagnie aérienne n'est actuellement dans le CAC 40 et les deux autres conditions sont également remplies. Natixis a une plus grosse capitalisation que Dexia, alors que son cours est sous valorisé par rapport aux autres banques. Il y a de nombreux autres exemples montrant que le CAC 40 va encore être modifié en 2007. Si on y ajoute le fait que le mode de pondération est passé de la capitalisation boursière totale à la capitalisation dans le flottant il y a trois ans, je ne vois vraiment pas comment on peut tirer des conclusions de l'évolution du CAC 40. Je ne parle même pas de l'analyse graphique, qui m'est si chère.
Alors, j'ai conscience que je n'apporte aucune solution, et que la situation actuelle est certainement la meilleure méthode possible. Mais, je me dis que parler de records depuis 2001 ne veut rien dire. Grossièrement, j'irais jusqu'à penser que ce n'est plus le même indice. Les autres indices comme le SBF 250 présentent les mêmes défauts. Tout le monde continuera à analyser le CAC 40 mais il faut être capable de nuancer et d'essayer de voir si une conclusion est viable malgré ces modifications ...
1 Historique de la composition du CAC 40 : http://www.bnains.org/archives/histocac/histocac.htm
2 La Vie Financière, Hors Série, Juillet-Août 2006
Régulièrement, on modifie la distribution des cartes. La composition du CAC 40 est, sans cesse, remaniée. Il est même fréquent que notre indice des "quarante plus grandes capitalisations françaises" (l'emploi des guillemets est de rigueur puisque ce n'est pas du tout une définition adéquate) ne comporte pas quarante valeurs.
Chaque année, depuis 1988, ont lieu, un peu plus de trois retraits et trois nouvelles admissions 1. Alors, bien évidemment, il s'agit d'une moyenne et certaines années sont plus agitées que d'autres. Je ne jette pas la pierre sur les autorités s'occupant de la Bourse française, et ce n'est finalement la faute de personne. Lors d'une OPA, par exemple, il n'y a pas d'autres possibilités que de retirer la valeur. De même, on ne peut pas refuser l'entrée à une entreprise qui mérite sa place, et je pense, entre autres, à Vallourec qui vient de rejoindre la composition de l'indice phare de la place parisienne. Encore que, pourquoi sortir Publicis alors que Thomson semblait le candidat idéal à pousser vers la sortie ?
Pour continuer à traiter de cet exemple, comment peut on comparer des progressions de :
66.67% pour Vallourec et -7.20% pour Publicis en 2004
322.73% pour Vallourec et 23.27% pour Publicis en 2005
136.88% pour Vallourec et 8.67% pour Publicis en 2006
Comparer le PER du CAC aujourd'hui comprenant Vallourec avec le PER du CAC en 2004 qui comptait Publicis à sa place ne sert pas notre cause. C'est ainsi, que depuis l'éclatement de la bulle Internet, les analystes financiers nous racontent que le PER du CAC40 n'augmente pas et reste intéressant à acheter.
Comment les valeurs sont-elles sélectionnées ? 2 D'abord, elles doivent figurer parmi les cent premières capitalisations françaises. Ensuite, elles doivent offrir une liquidité suffisante : flottant, montant des transactions, volume quotidien. Enfin, on essaye de garder une diversification des secteurs de l'économie au sein du CAC 40. Je n'ai jamais eu à m'occuper de ces changements de composition, mais j'imagine bien qu'on a une réserve conséquente dans le SBF 80, capable de remplir ces conditions. La différence doit alors se jouer sur des points plus sombres, jouant pour la progression de l'indice ...
Aujourd'hui, Air France est devant la porte. Aucune compagnie aérienne n'est actuellement dans le CAC 40 et les deux autres conditions sont également remplies. Natixis a une plus grosse capitalisation que Dexia, alors que son cours est sous valorisé par rapport aux autres banques. Il y a de nombreux autres exemples montrant que le CAC 40 va encore être modifié en 2007. Si on y ajoute le fait que le mode de pondération est passé de la capitalisation boursière totale à la capitalisation dans le flottant il y a trois ans, je ne vois vraiment pas comment on peut tirer des conclusions de l'évolution du CAC 40. Je ne parle même pas de l'analyse graphique, qui m'est si chère.
Alors, j'ai conscience que je n'apporte aucune solution, et que la situation actuelle est certainement la meilleure méthode possible. Mais, je me dis que parler de records depuis 2001 ne veut rien dire. Grossièrement, j'irais jusqu'à penser que ce n'est plus le même indice. Les autres indices comme le SBF 250 présentent les mêmes défauts. Tout le monde continuera à analyser le CAC 40 mais il faut être capable de nuancer et d'essayer de voir si une conclusion est viable malgré ces modifications ...
1 Historique de la composition du CAC 40 : http://www.bnains.org/archives/histocac/histocac.htm
2 La Vie Financière, Hors Série, Juillet-Août 2006
publié par Fouflo
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Reflexions
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