« La maison brûle et nous regardons ailleurs ».
Si le constat de Jacques Chirac sur l’état de notre planète lors du sommet de Johannesburg en 2002 est juste il a été bien peu suivi d’effets. L’« Appel de Paris » lancé lors de la Conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale qui s’est tenue les 2 et 3 février aura eu le mérite d’enfoncer le clou et de prévenir des dangers de l’inaction en matière d’environnement. Mieux, une quarantaine de pays se sont dit en faveur de la création d'une vraie gouvernance écologique mondiale, à travers l’ONUE, l’Organisation des Nations Unies pour l’Environnement. Toutefois, certains pays ne cachent pas leurs réticences à faire des efforts en matière environnementale. Parmi eux, les Etats-Unis qui refusent toujours de ratifier les accords de Kyoto (réduction des gaz à effet de serre) de même que l’Inde, la Chine qui se soucie comme d’une guigne de l’écologie pourvu que son hyper-croissance soit assurée, la Russie... Or sans l’engagement de ces géants, comment créer l'ONUE, qui exige un consensus international ?
Pourtant les conséquences de notre négligence par rapport à notre planète sont catastrophiques. En témoigne la publication du rapport de l'ONU sur le climat : Selon le rapport scientifique de l'ONU (Giec) publié vendredi 02 février, le facteur humain dans le réchauffement du climat est certain à plus de 90% contre 66% en 2001 lors de la précédente estimation. Les températures moyennes du globe devraient augmenter de 1,8 à 4 degrés d'ici la fin du siècle et le niveau des océans devrait monter de 18 à 59 cm sur la même période. Outre la multiplication de phénomènes météorologiques extrêmes (cyclones, sécheresse, tempêtes...), le déplacement de plus de 200 millions de personnes d’ici renchérit la facture : Nicholas Stern, auteur du rapport estime que le changement climatique pourrait coûter à l'économie mondiale jusqu'à 5 500 milliards de dollars, soit 20 % du PIB mondial. Sinistrose chez les assureurs qui ne sont plus à l’abri « d'une mégacatastrophe de 100 milliards de dollars, deux fois plus grave que le cyclone Katrina» , a récemment alerté le président du Lloyd's de Londres, Lord Levene.
Le rapport a également ravivé le débat autour de l'approvisionnement en énergie. La relative indépendance énergétique de la France en matière d’énergie (près de 80% de l'énergie de l'Hexagone est fournie par le nucléaire) est le résultat de la campagne lancée au lendemain du premier choc pétrolier sous le septennat de Valery Giscard d’Estaing en faveur du nucléaire. A l’heure d’un quasi nouveau choc pétrolier, nos voisins européens, Tony Blair en tête veut relancer le nucléaire comme source d'énergie. En Allemagne, Angela Merkel y réfléchit également, malgré la pression des écologistes. Reste la promotion d’énergies alternatives ou autres options « propres », qui de marginales et sous employées (éoliennes, energie solaire, géothermie) devrait augmenter significativement …lors des prochaines décennies.
Comment ce constat alarmant se traduit-t’il pour l’investisseur du début du XXIème siècle ? Quels sont les sociétés qui vont bénéficier de la crise énergétique ? Quelles sont les petites valeurs qui demain vont exploser ?
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