Les places financières européennes ont chuté cette semaine après trois semaines d'euphorie et une série de records annuels. A l'occasion de Thanksgiving, certains banquiers ou gérants américains ont peut être suivi notre recommandation de la semaine dernière (Faut-il manger la dinde avant Noël ?) et pris le soin d’encaisser leurs bénéfices avant d'aller festoyer et se lancer dans les achats de Noël à l’occasion du Black Friday*.
En fait les principales bourses mondiales ont surtout été plombées par la dégringolade du dollar. L'euro a gagné plus de 1% par rapport à jeudi pour franchir la barre de 1,31 dollar, pour la première fois depuis avril 2005. En une semaine, il a progressé de plus de 2 %, ce qui porte son gain à 4,2 % sur un mois et 10,7 % depuis le début de l'année. Qu'est ce qui fait dégringoler le billet vert ?
1) Des perspectives conjoncturelles plus favorables à l'Europe qu'aux Etats-Unis. L'avancée de l'indice Ifo du climat des affaires en Allemagne (celui ci ressort à 106.8 en novembre contre 105.3 en octobre) illustre ce dynamisme : Le scénario d'une poursuite de la hausse des taux de la BCE est donc conforté et renchérit l’attrait d’un arbitrage euro/dollar.
2) Le ralentissement économique attendu aux Etats-Unis et l'ampleur du déficit de la balance commerciale qui croit à un rythme de 840 milliards de dollars par an soit 6% du PIB. Une crise de défiance vis à vis du billet vert (scénario catastrophe) n’est pas à exclure même si elle est pour l’instant contenue par des taux d’intérêts à court terme très attractifs offerts aux détenteurs de dollars.
3) Les déclarations de Wu Xiaoling, vice-gouverneur de la Banque de Chine, qui estime que les réserves des pays de l'Asie de l'Est prenaient des risques en étant trop exposés à un dollar en baisse. Une déclaration pas si anodine quand on sait que la Chine possède plus de mille milliards de dollars de réserves à elle seule !
Comment en profiter, comment votre portefeuille va t'il être impacté?
Une fois de plus, l'or (ainsi que l'argent) va jouer le rôle de valeur refuge en réaction à la chute du dollar. En termes d'allocations d'actifs, les actions US (ou les fonds d’actions US) présentent le double désavantage d'être toujours surévalueés par rapport aux valeurs européennes (écart de pricing mesuré par les PER environ 15% plus élevé aux Etats Unis) et de subir lorsqu'on fait la conversion en euro, la dégringolade du billet vert. Contre ces handicaps, seules des actions sur-performantes incarnant un modèle économique innovant (Google) ou un nouvel art de vivre (Apple) seront capables de se détacher . Il faudra donc prendre le risque d'aller chercher du côté du Nasdaq pour les plus audacieux.
C'est cependant en Europe, et notamment en Allemagne où la croissance se redresse, que les perspectives restent les plus favorables. On peut rester à l’affût de bonnes opportunités, notamment de valeurs sensibles au dollar qui devraient être chahutées si la glissade du billet vert venait à s’amplifier. Ce serait alors l’occasion de garnir notre portefeuille à bon compte dans l’attente de la reprise du rally haussier de fin d’année.
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