Je reprends ici le titre d’un article du quotidien belge Le Soir qui s’interroge sur la montée des cours et le nouveau record atteint par l’indice belge de référence, le BEL20, qui a franchi un nouveau record à 4200 points la semaine dernière.
On serait en effet tenté devant les très belles performances des indices mondiaux de prendre une partie de ses bénéfices et d’attendre une consolidation pour se replacer. En d’autres termes, de profiter de l’euphorie ambiante pour prendre une partie de ses bénéfices pour sinon manger la dinde, peut être commencer ses achats de Noël ! A moins que l’on pense que le rally entamé peut se poursuivre et nous propulser sur les 5700 points. Bref, stop ou encore ?
On l’a constaté avec la séance de vendredi, les bourses européennes dépendent encore fortement de ce qui se passe aux Etats Unis. L’indice parisien était plutôt bien orienté à l’instar des autres bourses européennes et toujours porté par un courant de bonnes nouvelles (annonce de résultats positifs, profits en hausse, OPA ou rumeurs d’OPA). Or, vendredi, les statistiques américaines sur le niveau de l’immobilier à rappelé que l’horizon boursier n ‘était pas aussi dégagé que tout le monde souhaite ou feint de le croire. A la suite de l'annonce d'une chute de presque 15% des mises en chantier de logements aux Etats-Unis le mois dernier, le CAC 40 a cédé 1,20% à 5439,71 points et affiche une performance hebdomadaire négative de -0,14%.
Le Département du Commerce a en effet annoncé une chute de 14,6% des mises en chantier de logement le mois dernier au rythme annualisé de 1,486 million d'unités, le plus faible depuis juin 2000. Dans le même temps, le nombre de permis de construire délivrés a diminué de 6,3% au rythme annualisé de 1,535 millions d'unités, le plus bas depuis décembre 1997. Ceci remet sérieusement en question l’hypothèse d’un «soft landing», atterrissage en douceur de l’économie US.
Il existe un autre indicateur, moins suivi par la communauté financière mais tout aussi alarmant et qui nous incite encore davantage à la prudence : le nombre de procédures de saisies immobilières. En effet, le seuil d'1 million de procédures de saisies immobilières a été dépassé en octobre aux USA*.
On assiste donc à un dramatique effet ciseau au sujet de l’immobilier US : non seulement l’immobilier ne « va » plus aux Etats Unis (mises en chantier à un niveau historiquement bas) mais ceux qui sont actuellement logés ont de moins en moins plus les moyens de payer leur logement. Comme il a été rapelé au Salon de l’Actionaria par Jean Philippe Bolle (Boursorama) dans une conférence sur les fonds, les « américains sont d’éternels optimistes. Ils consomment en effet 102% de ce qu’ils gagnent et vivent éternellement à crédit. Comment ? Grâce au crédit hypothécaire, procédure qui leur permet de recharger leur capacité d’endettement en fonction du prix de leur maison. » Or les prix de l’immobilier, qui ont explosé au cours des dernières années, leur ont permis de s’endetter au maximum et même au delà de leur capacité financière. Que se passe t’il lorsque ces mêmes prix s’effondrent ?
Au vu des dernières statistiques, on surveillera avec d’autant plus d’attention les prochains indicateurs de confiance des ménages américains qui seront publiés cette semaine. Un fléchissement pourrait indiquer la fin de l’euphorie boursière et l’occasion de profiter de ses gains …au risque d’être privé de dinde ou de cadeaux de Noël !
*hausse des nouvelles procédures de saisies : + 63 % par rapport à septembre 2005 - Voir à ce sujet le très instructif blog de Gilles Caye : http://www.apprendrelabourse.org
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