Malgré une semaine mouvementée sur les marchés, le CAC se maintient à près de 6000 points et termine la semaine sur une note stable (5930,77 points , -0.14% sur la semaine) malgré des nouvelles peu engageantes. Pourquoi continue t'il à monter ? La hausse est elle durable ?
Sommes nous à la veille d'une crise immobilière massive ? Après les Etats-Unis, toujours empêtrés dans la crise du subprime, c'est au tour de l'Espagne de donner d'alarmants signes de faiblesse. La bourse madrilène a en effet connu la semaine dernière un mini-krach de ses valeurs immobilières à la suite de la découverte d'irrégularités dans la gestion d'un des principaux promoteurs immobiliers Astroc. La contagion a touché les principales valeurs immobilières (Immocaral,) puis le secteur de la construction (Sacyr) et enfin les banques (Santander, BBVA). C'est peu de dire que l'immobilier espagnol a « flambé » ces dernières années. Or avec des taux européens qui remontent, nombre d'emprunteurs font désormais face à des échéances de plus en plus lourdes alors que les perspectives de plus values se réduisent comme peau de chagrin.
Ce coup de semonce a eu des répercussions sur les valeurs immobilières françaises qui, après quatre années de hausse consécutives, pourraient bien marquer le pas. Pourquoi ? Malgré un euro qui n'a jamais été aussi fort, affichant un nouveau plus haut à 1. 368 contre le dollar, le gouverneur de la Banque centrale européenne garde un œil sur l'inflation. Or, entre les prix de l'énergie, pétrole en tête, qui repartent à la hausse et une économie allemande en plein renouveau, Monsieur Trichet n'aura bientôt pas d'autre choix que de décider d'une nouvelle hausse des taux pour garder le cap d'une inflation maîtrisée. Celle-ci pourrait intervenir avant l'été. En remontant le loyer de l'argent, cette nouvelle hausse devrait freiner l'expansion du crédit, immobilier en tête, et par conséquent limiter la progression des valeurs immobilières dans les mois à venir.
Malgré les records de l'euro, la croissance en panne aux Etats-Unis (1.3% contre 1.8 attendus), les bourses européennes continuent leur progression, dopés par les excellentes performances affichées par les sociétés pour le 1er trimestre (LVMH, PPR) et par l'actualité des fusions acquisitions (surenchère de RBS-Santander-Fortis sur l'offre de Barclays pour le rachat d'ABN Amro).
Nous arrivons cependant dans le ventre mou de l'année boursière où, sans publication majeure à la suite de la vague de publication du premier trimestre, l'euphorie dont font preuve les marchés ces dernières semaines risque fort de paraître exagérée. Face à la montée de périls (Iran, déséquilibres des monnaies asiatiques, remontée du pétrole), l'horizon boursier pourrait s'assombrir brutalement. Et ce ne sont pas les élections pour l'un ou l'autre des candidats du second tour de la présidentielle qui modifieront quelque chose dans cette équation mondiale.
L'heure semble être donc arrivée après 7% de hausse sur l'indice parisien en 4 mois de réduire son exposition à la volatilité des marchés en suivant ainsi l'adage de saison à Wall Street : Sell in May and Go away ( vendre ses actions en mai et quitter le marché).


