Les raisons d’espérer
Le 19 février 2008, Séverine et moi vous faisions un point sur la conjoncture économique de ce début d’année.
Nous vous parlions entre autres de l’indice ISM manufacturier américain.
Cet indice, noté en pourcentage, est publié par l'Institute for Supply Management chaque début de mois. Il est très observé par la communauté économique et financière. Il reflète l'état de santé du secteur manufacturier américain.
Une valeur supérieure à 50 points indique une expansion du secteur.
Une valeur inférieure à 50 points indique une contraction du secteur.
Au mois de janvier cet indice était à son point bas : 44,6
Et depuis il remonte doucement : 48,3 en février ; 48,6 en mars ; 48,6 en avril ; 49,6 en mai ; 50,2 en juin puis 50 au mois de juillet (supérieur aux attentes de 49,3)
En 2001 le point bas avait été atteint en septembre et il avait fallu attendre 18 mois jusqu’en mars 2003 pour que la bourse remonte.
Il y a d’autres indicateurs qui sont également meilleurs que prévus :
- progression de la production américaine de 0,2 % en juillet après 0,5 % en juin
- taux d’utilisation des capacités de production à 79,9 %
- indice de confiance de l’université du Michigan à 61,7 au mois d’août contre 61,2 en juillet. Mais il y a encore du chemin à faire puisque la moyenne de 2007 était de 85,6. Au mois de juin il était au plus bas à 54,4.
Sans oublier :
- le dollar qui est revenu à 1,47 $ contre l’euro, son niveau d’il y a 6 mois
- le pétrole à 114 $ contre un record de 147,27 $ le 11 juillet dernier
- l’or à 534 € l’once contre 639 € le 14 mars dernier
- pratiquement toutes les matières premières en baisse
- Jean Claude Trichet qui laisse entendre que la BCE n’augmentera plus ses taux car il prend en compte le risque de ralentissement économique en Europe
- le prix de l’immobilier baisse « en douceur » en France mais ne s’écroule pas
Il semble donc bien que le point bas soit dernière nous.
Mais faudra t-il attendre à nouveau 18 mois comme après la crise de 2001 pour revoir la bourse monter, ce qui nous mènerait mi 2009 ?
Je crois que non pour plusieurs raisons :
- les entreprises « industrielles » (je ne parle donc pas du secteur financier) sont dans une bien meilleure santé qu’en 2001. A cette époque les entreprises étaient très endettées. La plupart en ont tiré la leçon et sont devenues beaucoup plus vertueuse dans ce domaine. Fini les croissances externes qui amenaient à payer les cibles un prix exorbitant.
- les banques centrales et les gouvernements ont su prendre les « décisions de sauvetage » quand il le fallait.
Il faudrait que l’Europe prenne des décisions de relance globale. La croissance « molle » inférieure aux prévisions pourrait inciter nos dirigeants à le décider après les vacances d’autant plus que l’inflation risque de redescendre après la baisse du pétrole ….
Enfin n’oublions pas que la bourse anticipe toujours de 4 à 6 mois.
Michel FRENKIEL
Né en Suisse
“Je suis né en Suisse en 1947, d’un père réfugié polonais (arrivé
avec le bataillon polonais de Coetquidan).
Ma famille est arrivée en France lorsque j’avais 3 ans suite à une loi suisse de préférence nationale. A force de courage, nous avons tous réussi à apprendre la langue sans accent suisse, et nous avons
été naturalisés français. J’ai effectué toute ma scolarité en France, pour devenir Ingénieur Arts et Métiers.
Aux Etats-Unis, où j’ai fini mes études d’informatique et commencé à travailler, j’ai bien connu le sort des immigrés. Je travaillais au National Centre for Atmospheric Research, à Boulder. Le NCAR regroupe une cinquantaine de chercheurs en météorologie. A chaque chercheur était affecté un informaticien, dont la mission était de traduire en langage
informatique ses élucubrations thermodynamiques. J’ai été affecté au seul chercheur noir que le NCAR ait jamais connu. Sur le moment, cela ne m’a pas frappé. Pourtant, qui d’autre qu’un immigré aurait accepté
d’être le nègre d’un noir ? Ensuite, j’ai vraiment remercié le ciel : ce chercheur était Warren Washington, devenu depuis Président de l’Académie des Sciences.
Nous avons découvert ensemble les courbes à l’origine de ce qu’on appelle aujourd’hui le réchauffement climatique.
Je suis devenu consultant en informatique, expert auprès de la Commission Européenne depuis 1997, spécialiste du gouvernement électronique, après avoir travaillé pour Thales au sonar du sous-marin nucléaire lanceur d’engins et pour IBM à sa stratégie de génie logiciel..
J’ai organisé en 2002 un forum Citoyenneté Européenne, d’où est né le
projet eJustice. Ce projet a étudié les futures cartes nationales d’identité biométriques, et leurs usages pour signer des actes engageant la responsabilité légale.
Ce projet a démontré que l’on peut utiliser la biométrie sans pour autant mettre en place des bases de données biométriques qui présenteraient un risque pour la vie privée. Toutefois, l’architecture proposée présentait
une faille de sécurité. C’est en cherchant à la combler que m’est venu le principe de base de MobileGov.
Avec un collègue et ami, nous avons décidé de déposer un brevet pour protéger ce principe. Il s’agissait alors plutôt d’un exercice intellectuel, car nous n’avions aucune idée de la portée de l’invention.
Nous avons contacté un avocat en brevets, qui nous a d’abord dit ne s’intéresser qu’aux grands groupes industriels. Nous lui avons tout de même laissé deux pages décrivant notre principe. Il nous a rappelés
quelques jours après pour accepter de nous aider.
Nous avons lancé une étude d’intelligence économique, qui a confirmé le caractère innovant de notre principe.
Le brevet a alors été rédigé et déposé à l’INPI. Quelques mois après, nous avons reçu une convocation des services de la Défense nationale (DCSSI). La publication de notre brevet était bloquée car intéressant
la sécurité de l’Etat. Au cours de l’entretien, notre principe a été mis sur le grill, ainsi que nos intentions. Et finalement, le brevet a pu être publié.
Il nous a semblé opportun de créer une société pour l’exploiter, même si les produits ou les services que nous allions proposer n’étaient pas bien définis.
Nous avons créé la société en France, avec un troisième associé de longue date, parce que c’était la solution la plus simple.
Nous avions d’autres activités par ailleurs.
La création de l’entreprise n’a présenté aucune difficulté. Dès le début, fin 2004, nous avons été encouragés par de nombreuses marques de sympathie : prix IVCS d’abord, puis “Best Innovation 2005“ à Capital IT, label FCPI de l’ANVAR, statut de Jeune Entreprise Innovante du Ministère des Finances, enfin aide de l’ANVAR. Fin 2005, nous avions un premier produit à déployer. C’est là que les choses ont commencé à se gâter : pour le vendre, il fallait de l’argent, et obtenir des fonds
d’amorçage n’est pas chose facile.
Nous avons investi nos économies et mobilisé la famille, puis la confiance des industriels en nos produits et la décision de SPIE Communication de les distribuer nous ont rendus optimistes quant à notre capacité à boucler les fins de mois.
Il est bien présomptueux que nous donnions des conseils aux entrepreneurs, même étrangers. Mais dans mon pays, la France, où il est si bien vu de se flageller, reconnaissons que les technopôles
constituent pour les entrepreneurs de bien des pays d’Europe des pôles d’attraction dont nous n’avons pas toujours idée.
Sophia Antipolis est le rêve hi-tech pour beaucoup d’entre eux.
Le pouvoir d’achat des français reste très supérieur à celui des derniers entrants dans l’Union, et les entreprises françaises sont plutôt ouvertes aux solutions innovantes.
Dans une économie globalisée, le marché de proximité reste le plus accessible pour tester une innovation. Le marché est donc une seconde raison de vouloir s’installer en France.
Enfin, quand on habite le nord de l’Europe, le midi de la France est un paradis rendu accessible par la possibilité de s’y installer, à des prix comparables à ceux de la banlieue de Londres ou de Newcastle.”
MOBILEGOV FRANCE
www.mobilegov.com
Sophia-Antipolis (06)
Créée en 2004
13 personnes
A force de courage, nous avons tous réussi à apprendre la langue
sans accent suisse.
Michel FRENKIEL
http://www.comite-richelieu.org/docs/comite/recueil-integration.pdf
je ne voudrais surtout pas jouer les rabat-joie et j'aimerais que le futur vous donne raison lorsque vous dites " Il semble donc bien que le point bas soit dernière nous ".
J'aurais plutôt tendance à penser le contraire et comme le dit Loïc Abadie on en est sans doute qu'au début .
Je trouve les propos de ce prophète de l'apocalypse très instructifs dans les différents articles sur son blog :
http://tropicalbear.over-blog.com/
Le vrai point bas pourrait bien se situer en-dessous des 1000 points sur le CAC ......
On n'en est pas encore là et il faudra malheureusement être très patient avant de l'atteindre ....
Dans ce triste contexte de marché , je vous recommande
sa méthode pour prendre des positions baissières sur le CAC au moment opportun :
http://tropicalbear.over-blog.com/article-21702206-6.html#anchorComment
Sur ce blog il est fait mention de la baisse (de 7%) des importations de pétrole de la part de la Chine en juillet. Cela est tout à fait explicable :
- la Chine avait surstocké à la veille des JO
- étant dans l'obligation de fermer certaines usines polluantes pendant les JO, la Chine a réalisé une production anormalement élevée au S1. Et au contraire elle sera anormalement faible au T3
- en juin la Chine a réouvert de nombreuses (des centaines) carrières de charbon "dangereuses" qui avaient été fermées en 2007 suite à de nombreux accidents mortels.
En juin ce sont plusieurs milliers de mines de charbon qui ont été réouvertes !
Force est de constater que les prédictions de ce prophète se sont toutes vérifiées jusquà présent .
Je pense qu'on ne peut pas adopter une attitude LT actuellement sur les marchés , encore moins sur le ML ,au risque d'attendre longtemps avant d'être en PV .
Il suffit de voir les fonds qui se retirent les uns après les autres de nos valeurs favorites pour comprendre . Un seul exemple , STS Group à - 60 % par rapport à ses plus hauts.... et pourtant quelle valeur ! Rien ne justifie ce " massacre " , au contraire !
Lorsque je suis rentré dessus , je me suis dit " La bonne affaire ! " et j'anticipais un rebond de sa part .... et bien , je l'attends toujours..... en espérant qu'elle n'ira pas plus bas....
L'idéal serait de jouer les rebonds techniques( lorsque le moral des investisseurs est au plus bas ) sur nos valeurs préférées, pour ensuite se mettre en position baissière (ex : BX4 , lorsque les investisseurs ont totalement repris confiance), tout en gardant une grosse part de liquidités .
Mais en pratique ce n'est pas toujours facile à faire .
http://tropicalbear.over-blog.com/
Le point bas c'est 3900. Un truc qui m'intrigue, c'est les gaps qui se referment toujours un jour. On avait celui de 4300 qui datait. Franchement je n'aurai jamais cru qu'il se referme et bien c'est arrivé.
Quelqu'un sur un forum parlait d'un gap à refermer vers 2400 points, depuis plusiuers années, ce me semble. Donc...
Je m'intéresse à la bourse depuis un an.
Force m'est de constater que la spéculation n'est pas du tout mon truc. Hors, en bourse!...
Investir me paraît plus dans l'esprit de ce à quoi cela doit servir : un échange. J'investis pour aider une activité. en retour j'en reçois un fruit.
je pense que les indices peuvent encore chuter, et beaucoup.
Les explications de loic abadie sur le PER dans son bouquin sont très claires, ainsi que celles de Roque sur Pro-AT. L'économie se grippe, et la bourse n'attend que du profit. Donc s'il n'est pas au rendez-vous, Ciao!...
cela dit, il explique aussi dans son bouquin qu'il y a des entreprises, et notamment dans le marché libre, susceptibles de pouvoir être gagnantes, malgré un contexte difficile. Le tout étant de bien les choisir et de savoir calculer leur valorisation et potentiel d'évolution. Ce en quoi je pense qu'il a raison. Certains ont bien su croître lors du marché baissier de 2001-03. le CAC 40 est après tout un ensemble de poids lourds.
Je crois aux petits qui peuvent grimper. Que les fonds les désertent, après tout, très bien. Les petits aideront les petits, et peut-être y a-t il là plus de partage et d'humanité à vivre en vivant la bourse ainsi : un échange dans un monde vivant.
Je vous garde donc comme favori.