Le bras de fer continue.
Nous sommes dans une situation jamais vécue, totalement irrationnelle.
La confiance a disparu et la panique s’est installée.
Je pense que l’on ne veut pas le dire mais les retraits de cash, dans les banques, ont du commencé de façon importante.
Preuve en est que l’on n’a jamais vendu autant de coffres forts !
Tant que l’on n’aura pas donné au marché ce qu’il veut, c’est à dire la confiance, il descendra !
La solution c’est sans doute :
- la prise de contrôle du système financier mondial par les états.
- le changement de tous les dirigeants qui ont prouvé leur incapacité à gérer les entreprises financières ou autres. Il faut les remplacer par des « gens de bon sens ». Quand on voit que les hauts dirigeants de AIG ou de Fortis continuer à vivre comme des princes, on se dit qu’il est vraiment urgent de changer de monde ! Le retour à la confiance ne peut passer que par « un énorme coup de balai »
- interdire la spéculation financière sur les matières premières vitales (le riz, le blé, l’eau etc….)
- émission de « cash réel » par le FMI et les banques centrales coordonnées et non pas injection massive de centaines de millions de dollars …. pour 24h ou 48h comme on le fait aujourd’hui. La conséquence en sera une perte de valeur pour tous les actifs de la planète.
Jusqu’où peut aller la baisse de la bourse ? Jusqu’à se rapprocher de la valeur du cash détenu par les entreprises ! C'est le seul point bas qui ait un sens !!
Un exemple avec Auréa qui ne baisse pratiquement plus, pourquoi ? Parce que sa capitalisation boursière n’est plus que de 85 M € face à 57 M € de cash !!
Que peut-il se passer maintenant ?
- nous sommes face à une fin de civilisation et là c’est l’inconnu !
- on donnera au marché ce qu’il demande. La confiance, des établissements financiers en premier, se rétablira et on assistera à « des hausses boursières jamais vues »
- dans tous les cas on en ressortira avec « des états beaucoup plus durs ». Ce n’est peut être pas un mal ?
Mardi, au salon de l’auto, j’ai discuté avec plusieurs personnes venue de nos provinces françaises. « Là où il y a certainement plus de bon sens qu’à Paris ».
Leur conseil : « faites vous plaisir, consommez avant que l’on vous prenne votre argent ».
On bat tous les records de visite au salon de l’auto, un signe ?
Nous changeons de monde.
Depuis des décennies le pouvoir était aux mains des financiers, demain il sera dans celles des états et des entrepreneurs. J’y vois plus de logique, non ?
Je renouvelle ci-dessous mon message d'hier. Entretemps les 3.250 ont été largement enfoncés. Vu la relative faiblesse des volumes actuels, je pense que l'on devrait assister à des hausse monstrueuses lorsque le mouvement s'inversera !
Je reviens sur l'analyse graphique. Peut-être en ces temps de crise, n'est-elle pas très significative.
Au demeurant il me semble qu'en l'absence de repères, beaucoup d'investisseurs, - les vrais, attendent un signal pour siffler la fin de la partie et entrer à nouveau sur le marché avec des volumes significatifs. Il y a des liquidités. Pourquoi, à défaut d'autre repères ne chercheraient-ils pas loin dans leur mémoire des supports, certes peut-être arbitraires, mais assurant un certain consensus. Je maintiens que des seuils comme 3.250 ou 2800 jouent un rôle psychologique. Mais n'est-ce pas dans une certaine mesure la signification et la justification de l'analyse graphique. Je crois qu'il va falloir commencer à surveiller sérieusement les volumes sur le marché.
Un autre pari, celui-là un peu fou et insensé, tiré de la numérologie, consiste à se demander si le plus bas ne sera pas aux alentours du 17 octobre. L'anniversaire d'octobre rouge a toujours été très noir pour les marchés. Je me souviens en particulier de 1987.
Alors puisque nous sommes dans l'irrationnel, pourquoi ne pas croire que la fin du calvaire est proche.
Cordialement - Pierre
Qui sont "les vrais investisseurs "aujourd'hui ?
Ne devrait on pas parler plutôt de "désinvestisseurs" ?
On peut avoir un sifflet mais à quoi cela sert il quand il n'y a plus d'arbitre ?
On a construit une Europe mais quelle est son pouvoir réel ? On a enlevé "les manettes " aux états et on ne les a pas données à l'Europe !
Où est le capitaine ?
Je crois qu'il faut sortir des raisonnements traditionnels et faire preuve tout simplement de bon sens !
On change de monde ......
http://www.lepoint.fr/actualites-economie/aig-renfloue-ses-dirigeants-s-offrent-un-palace-avec-l-argent-du/916/0/280474
Certe, une grande partie des ventes actuelles provient des banques qui cherchent à tout prix des liquidités ; mais ne crois-tu pas aussi que les gros fonds (américains, ou autres...) amplifient au maximum le mouvement en vue de racheter (beaucoup) plus bas ? Et que ce sont eux qui "contrôlent" ces chutes, ou en tous cas qui les amplifient et qui pourront donner le signal du redémarrage quand ils estimeront pouvoir assez se goinfrer ?
Et que la neutralisation de leur pouvoir de spéculation serait indispensable à la régulation de l'économie mondiale ?
Un poker alors
Non, si on "joue" à cela (racheter plus bas) alors on peut avoir l'impression de gagner au CT , mais on va ainsi dans le mur.
Le président des Experts comptables francais (BFM) reconnait que "la Juste valeur" sera mis en discussion pour ce WE, ( personne, du monde financier n'en parle)
C'est là que toutes les Banques et Holdings vont avoir des comptes à rendre très prochainement
et je ne serais pas étonné que pour lundi une décision sera prise à ce sujet !
mais c'est bien tard
Les gens ferment leur compte boursier, c'est pas pour y revenir lundi prochain.
La confiance sera très longue à revenir (soyons réaliste.
Pour ceux qui achète des coffres "Surtout ne laisser pas votre adresse".
Mais est-ce la solution ?
Une franche dévaluation n'est pas exclue.
Et dans ce cas ceux qui n'auront pas consommés seront les dindons de la farce.
Actuellement, les gens ne rachètent pas, les gens sont vendeurs pour longtemps.
Ton rêve de changer les règles comptables est aberrant pour les raisons suivantes :
1/ cela voudrait dire à tous : "on affiche des faux comptes pour ne pas vous faire peur afin de mieux vous prendre pour des pigeons.
2/ un changement de méthode de calcul des comptes demanderai 2 à 3 ans à mettre en place. C'est beaucoup trop long, les faillites serait innombrables.
C'est à mon avis la plus mauvaises des mesures à prendre à mon que se soit le but recherché.
Tu interpretes mes dires.
Il ne s'agit pas de faire cela, mais de pouvoir aux banques et aux holdings d'inscrire les achats effectués aux prix achetés, ce qui est la "vraie" écriture.
Bcq de sociétés n'ont pas adaptées cette "juste valeur" , et sont restées en amortissable..... dans le système Siic....
Ceux qui sont en amortissables , auront déjà un pb en moins!
même en 29 la chute n'était pas aussi forte et aussi rapide :
http://www.nytimes.com/interactive/2008/10/11/business/20081011_BEAR_MARKETS.html
perso , pour savoir jusqu'où ira la baisse , je continue à suivre les conseils de Loïc Abadie :
Dimanche 12 octobre 2008
Point sur les indices.
Quand la baisse va-t-elle s'arrêter ?
Pour essayer de répondre à cette question, il faut à mon avis regarder avant tout les indicateurs de sentiment de marché : Dans un marché dominé par la peur (et même par la panique), les outils traditionnels (supports, oscillateurs, analyse fondamentale) passent au second plan, et le sentiment des investisseurs prime.
Rappelons que dans le contexte actuel de marché baissier, il faut acheter quand les investisseurs sont à un niveau de pessimisme extrême, et vendre dès qu'ils reprennent suffisamment confiance en eux.
Passons donc en revue ces indicateurs :
-Le put call ratio (moyenne à 5 jours) est proche de ses extrêmes (3 déviations standard), il garde encore une petite marge de hausse en théorie pour signaler un extrême absolu en pessimisme.
- Les volatilités : Elles ont pulvérisé les pics des vagues de baisse précédentes. Le VXN à 82 (volatilité des options du Nasdaq) est revenu à ses niveaux records de l'année 2001, confirmant la progression du marché baissier et le caractère de "coeur de tendance" de la vague baissière en cours.
Les records absolus historiques en la matière se situent à ma connaissance à 172 pour un "ancêtre" du VIX ou du VXN (le VXO), pendant le krach de 1987.
- Le sentiment des investisseurs : Là aussi nous sommes très proches d'un extrême de pessimisme, comme le montre ce graphique (avec un écart haussiers / baissiers en dessous des -25%).
-L'indicateur Nova / Ursa signale aussi un pic de pessimisme
- Enfin, les volumes enregistrés à New York vendredi (aussi bien sur le Dow que le SP500) sont tout à fait compatible avec ce qu'on appelle une capitulation.
http://stockcharts.com/h-sc/ui?s=$spx
Enfin l'objectif de la figure en tête / épaules que j'avais donné il y a quelques mois sur l'eurostoxx a presque été atteint (plus vite que je ne le pensais !)
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Que faire dans ce contexte ?
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Vu la série d'indicateurs proches ou déjà à des niveaux de pic de pessimisme, on devrait logiquement observer un rebond technique des indices (qui pourrait être assez marqué et brutal vu la force de la vague de baisse qui a précédé).
Donc :
1) Il faut sortir à mon avis, pour tous ceux qui ne l'ont pas déjà fait, des positions baissières pour deux raisons :
- Soit le rebond technique démarre comme les indicateurs de sentiment de marché semblent l'indiquer et les indices reprennent 15-20% en quelques semaines (ce qui serait couteux pour les positions baissières)
- Soit la baisse continue malgré les niveaux de pessimisme extrême actuels, et il y a alors une probabilité de plus en plus forte de voir les dirigeants tenter de "squeezer" les vendeurs (le bouc émissaire idéal qui permet de désigner un coupable à la vindicte populaire) via une interdiction générale des VADs ou même une fermeture temporaire des marchés (comme l'avaient proposé les dirigeants italiens). Les rumeurs de fermeture de certains marchés (UK) la semaine prochaine circulent d'ailleurs déjà.
2) Les prudents et ceux qui sont positionnés pour le long terme resteront à l'abri en cash : malgré le rebond technique qui se profile, la crise est loin d'être terminée, et il est probable que la baisse va se poursuivre ensuite. Les rendements sur dividende du SP500 sont à 3,2%, et nous sommes encore loin des niveaux atteints lors des points bas des grandes crises (6 à 8%) qui signalent les occasions d'achat historiques de très long terme.
Je continue de penser que la sévérité de la récession à venir, et son impact sur l'économie réelle et les bénéfices des entreprises n'est pas entièrement prise en compte sur les marchés (loin de là).
3) Les plus "audacieux" pourront tenter de se positionner pour le rebond technique (durée envisageable : quelques semaines, avec en facteur de soutien l'élection très probable d'Obama), mais en sachant qu'ils se placent contre la tendance de fond. C'est une position évidemment à haut risque. En choisissant des valeurs à profil plutôt défensif, offrant un bon rendement et peu cycliques, mais qui ont fortement baissé ces dernières semaines (je pense par exemple au secteur pétrolier, à Total, ou total gabon hors PEA, il y en a évidemment d'autres), le risque peut être tenté à mon avis, mais sur une part minoritaire de son épargne (en conservant une part importante de cash) , et à condition de surveiller de près ses positions pour couper si nécessaire (rien n'empêche les marchés de perdre encore 10 ou 15% avec la volatilité actuelle), et surtout de ne pas oublier que le marché baissier de long terme n'est sans doute pas fini !
http://tropicalbear.over-blog.com/article-23655640.html
Comprendre la déflation
Il est temps de redonner quelques explications sur cette situation en apparence illogique qu'est la déflation d'actifs. Commençons par un tableau résumant les pertes subies par différentes classes d'actifs que les épargnants pouvaient détenir, face au cash, depuis les plus hauts de 2006-2008.
Première chose qui est frappante dans ce tableau : l'ensemble des actifs (à l'exception de l'or physique pour le moment) a subi de très lourdes pertes, et plusieurs ont été laminés.
Il n'y a pas de secteur épargné : les actions US, les actions européennes, les pays émergents, l'immobilier, les valeurs minières, les matières premières.
Les refuges auxquels certains investisseurs ont cru en début de crise ont cédé à leur tour à partir du printemps 2008 : le secteur des matériaux de base, qui comprend notamment les minières, les pétrolières et la sidérurgie a marqué son record en mai 2008 à 836 points, à un moment où de nombreux autres actifs avaient déjà chuté.
De nombreux analyses vantaient alors ce secteur et son caractère de « valeur anti-crise »
Mais il a été emporté à son tour, et de façon particulièrement brutale : les cours ont été divisés par 2,7 en 5 mois, avec une chute de 25% sur la seule semaine dernière.
Pourquoi les investisseurs vendent-ils ainsi leurs actifs sans distinction pour obtenir des $ ou des €, ou des bons du trésor à court terme offrant des taux inférieurs à 1%, « papiers » dont les fondamentaux sont loin d'être si enthousiasmants quand on regarde les difficultés que les états ont à faire face à la crise en cours ?
La réponse est simple et s'appelle « deleveraging ».
Pendant des années, les opérateurs se sont endettés à outrance, pour acheter à crédit (donc avec effet levier) de l'immobilier, des actions (de tous les pays et sur tous les secteurs d'activité), et un peu plus tard des matières premières.
Puis est arrivé un moment où ils ne sont plus parvenus à augmenter leur endettement.
Le deleveraging est alors apparu : C'est l'inverse du mouvement précédent.
Les opérateurs (banques, hedge funds et fonds de placements, ménages) sont obligés de vendre leurs actifs parce qu'ils ont un besoin en cash de plus en plus urgent pour rembourser leurs dettes.
Le mouvement a d'abord concerné l'immobilier, puis s'est étendu aux marchés actions, et enfin aux matières premières : c'est la course au cash.
Il est à mon avis loin d'être terminé :
- Les banques continuent d'avoir d'énormes besoins : La FED leur a prêté près de 500 milliards de $ à court terme (311 milliards à 15 jours, le reste à moins de 99 jours)
- Les hedge funds investis à levier sur les divers marchés doivent vendre pour obtenir du cash et remplir leurs obligations face à leurs créanciers.
- Les actifs des diverses institutions déjà en faillite doivent être liquidés pour "limiter la casse"...etc.
Détail des prêts court terme de la Fed aux institutions financières (stat H41)
La déflation, c'est avant tout du deleveraging : Des acteurs économiques obligés de vendre pour rembourser leur excès de dette. Et bien entendu cette situation provoque à la fois une crise de confiance généralisée et un coup d'arrêt au crédit, qui amène une chute de grande ampleur de l'activité économique et de la consommation des ménages.
C'est cette situation qui a de grandes chances d'être en vigueur dans nos économies pour les années à venir (dans un premier temps).
Pour finir sur le sujet, une petite remarque sur la récente flambée de M2 et surtout du crédit total aux USA (stat H8)
: Il ne s'agit évidemment pas d'un signal de reprise de la croissance du crédit ou d'un flot d'emprunteurs qui se seraient subitement présentés au guichet des banques pour se voir accorder une masse de crédits...Cette évolution est simplement liée à l'action d'urgence (et de court terme) de la FED citée plus haut qui a prêté des centaines de milliards de $ aux établissements financiers en difficulté. Elle n'empêchera pas le deleveraging de continuer (avec bien entendu des phases de répit et de rebond technique des actifs).
Les alternatives « extrêmes »
Doit-on se préoccuper de scénarios beaucoup moins probables, mais encore plus « extrêmes » ? Il y a eu beaucoup de questions dans le blog sur ces scénarios (faillite d'états, destruction totale du système monétaire).
Etant d'une nature pragmatique, je dirai qu'il est inutile de réfléchir à un problème quand on sait à l'avance qu'on ne pourra pas y faire face.
La faillite d'une série d'états et de leurs systèmes monétaires, envisagée par certains, fait partie de cette catégorie : Si les états démocratiques sont en faillite et ne sont plus en mesure de payer leurs forces de l'ordre et leur armée, nous aurons alors au choix l'anarchie, ou une dictature communiste ou fasciste, et nous aurons vraiment d'autres soucis que des questions « futiles » sur notre épargne. Même la détention d'or aurait une utilité très relative dans un tel contexte.
Cela dit, je ne suis pas un millénariste, et ne crois pas à un scénario de ce type pour le moment .
Le plus vraisemblable pour la purge des excès de dette reste le scénario en deux temps que je privilégie depuis le début de cette crise : déflation / deleveraging dans une première phase, inflation par flambée des déficits publics et surendettement des états dans un second temps. Les deux phases contribuant à résorber la dette en excès : liquidation réelle dans la première phase, dilution dans la seconde.
Ce sera un processus long (une décennie au moins), pendant lequel les économies resteront fragiles après la grosse crise des premières années.
Quelques articles sur le deleveraging et la déflation :
- Article de contre info (en français)
- Article du washington post
De plus en plus d'analystes parlent de déflation ces derniers temps...beaucoup essaient de nous convaincre que nous devrions y échapper. Mais c'est un signe qui ne trompe pas à mon avis.
Les recherches sur le terme "deflation" dans google explosent depuis quelques semaines (octobre 2008)...alors que jusqu'ici tout le monde ne voyait la crise qu'à travers les "subprimes" ou l'inflation, ce mot oublié depuis des décennies commence à réapparaître :
Il en est de même en France sur les mots "deflation" et "tropical bear" qui sont très corrélés.
Au début de cette crise, tout le monde avait en tête le mot "inflation", par souvenir de la dernière crise importante (l'inflation et les chocs pétroliers des années 70)...beaucoup avaient oublié l'autre possibilité !
Quelques compléments pour finir sur ce thème et ce débat inflation / déflation.
Je partage les points suivants avec les inflationnistes :
- Nous sommes face à une crise du crédit d'une ampleur exceptionnelle et au moins aussi importante que celle de 1929 (en fait nettement plus importante).
- Les états préfèrent largement l'inflation à la déflation et essaieront de tout faire pour contrer la déflation.
- Les déficits publics vont fortement augmenter avec la crise en cours (moins de recettes, des dépenses supplémentaires pour faire face aux problèmes liés à la crise).
Et pourtant, je suis totalement déflationniste (en première partie de crise), voici pourquoi :
- Essayer, ce n'est pas réussir. Pour reprendre l'expression de Mike Shedlock : "faith in the fed is the last bubble". j'y ajouterai "faith in the government is the last bubble" (la foi dans les capacités d'action des gouvernements est la dernière bulle).
Les inflationnistes ont en effet une foi absolue dans les capacités de creation monétaire et d'endettement des gouvernements. Celle-ci est en réalité limitée par deux points essentiels : la dette privée et les taux longs.
Il faudrait aujourd'hui environ 8 ans d'inflation à 10% pour ramener la dette totale US à un niveau acceptable (sous les 180% du PIB). Toute tentative gouvernementale de relancer l'inflation déclencherait une forte hausse des taux longs, ce qui dynamiterait encore plus vite la montagne de dette privée en excès et précipiterait son effondrement : Les dirigeants ne peuvent pas se le permettre.
- La déflation d’actifs est déjà largement vérifiée dans les faits (voir le tableau en haut de l’article) et le processus de deleveraging a résisté à toutes les actions entreprises jusqu’ici par les gouvernements pour l’enrayer.
- Sur la dette publique US maintenant, elle va augmenter, cela est clair...tout comme la dette publique japonaise pendant les années 90. Mais nous partons d'un niveau bas comme je l'explique ici :
En particulier, les engagements de l'état en matière de retraite n'engagent que ceux qui sont assez naïfs pour y croire (et certainement pas l'état) vu qu'ils ne seront jamais respectés : ce n'est pas de la vraie dette !
Ce qui a flambé au cours des dernières décennies, c'est la dette privée (déflationniste), pas la dette publique.
La capacité de l'état à transformer de la dette privée en dette publique pour contrer la déflation est très limitée : quand les marchés diront " stop " au gouvernement via une hausse des taux longs sur les bons du trésor, celui-ci ne pourra que s'incliner (sinon les conditions de crédit se durciraient encore plus, ce qui ne ferait qu'amplifier la déflation au final).
L'expansion de la dette totale ces dernières années aux USA était de 4000 milliards de $ par an environ (FED, stat Z1- flow of funds). Aucun gouvernement au monde n'a les capacités de remplacer ce flot qui se tarit actuellement et d'empêcher ainsi l'installation d'une crise déflationniste.
Pour moi les gouvernement US et européens sont en fait totalement désarmés face à la déflation à venir.
- La déflation est renforcée par la destruction de demande qui est en train de frapper toutes les matières premières : Nous allons quand même avoir à la fois les USA, le Japon, et la plupart des pays développés en situation de forte récession, et leurs fournisseurs émergents en fort ralentissement. Cela est tout ce qu'on veut sauf haussier pour les matières premières et ajoutera un élément déflationniste de plus à un tableau déjà chargé.
La déflation a toujours clôturé les grands cycles économiques de Kondratieff et Minsky jusqu’ici, quelles que soient les actions des gouvernements tentées pour l’arrêter. Je ne pense pas qu'ils parviendront à l'arrêter pour cette fin du cycle en cours.