L'euro a établi ce vendredi un nouveau record absolu face au billet vert à 1,4319 dollar, sur fond de ralentissement de l'économie américaine et avant l'ouverture de la réunion des ministres des Finances du G7.
La Tribune.Fr
Nouveau record ce vendredi pour la monnaie unique qui a atteint 1.4319 dollar, sur fond de ralentissement de l'économie américaine et avant l'ouverture vendredi de la réunion du G7 ministériel. L'euro a franchi le seuil de 1,43 dollar pour la première fois jeudi.
Le dollar accuse le coup de la publication aux Etats-Unis de plusieurs indicateurs qui ont confirmé les difficultés du marché de l'immobilier américain : les mises en chantier de logements ont baissé de plus de 10% en septembre, et les permis de construire de plus de 7%. La Réserve fédérale américaine (Fed) a par ailleurs souligné dans son rapport de conjoncture mensuel (Livre beige) un ralentissement de la croissance depuis août, date à laquelle la crise des subprime a frappé de plein fouet les marchés financiers.
Résultat, les analystes pensent que la fed, qui a déjà baissé son taux directeur de 50 points de base à 4,75% en septembre, va devoir récidiver, peut être dès sa prochaine réunion du 31 octobre. Une décision qui, rendant moins intéressant d'investir en dollars, est de nature à nuire au billet vert.
Par ailleurs, selon une étude de l'association professionnelle américaine Alliance des industriels (MAPI), publiée ce jeudi, "le dollar est entré dans une longue période de baisse". Le billet vert pourrait perdre 5% face à un panier de monnaies des grands pays industrialisés d'ici à la fin de l'année, puis 5% au premier trimestre 2008 et 3% aux deuxièmes et troisième trimestres, affirme Cliff Waldman, économiste en chef de l'association professionnelle.
Le dollar se stabiliserait ensuite jusqu'à la fin de l'année 2008.
Ces prévisions rejoignent le constat du fonds monétaire internationa (FMI) qui a estimé mercredi que le dollar restait surévalué. Elles ne font pas l'affaire des apys européens qui envoient vendredi à Washington leurs ministres des Finances pour participer au G7, pour y défendre notamment l'idée que l'euro est surévalué par rapport au billet vert.
"Du fait de la longue période de baisse du dollar, le commerce va de plus en plus contribuer à la croissance américaine", estime Waldman. Mais "à court terme, le déclin du dollar génère des risques inflationnistes aux Etats-Unis et des risques pour la croissance de nos partenaires économiques", selon lui.
La réappréciation des risques et la forte volatilité rendent son évaluation de la conjoncture beaucoup plus incertaine.
L'AGEFI du 12 octobre 2007
La Banque centrale européenne (BCE) reste sur ses gardes. Convaincue que les risques sur les perspectives de croissance en zone euro sont orientés à la baisse, l'autorité monétaire a rappelé hier, dans son bulletin mensuel d'octobre, que le processus actuel de réapparition des risques pouvait avoir un impact potentiel plus large sur la confiance et les conditions de financement. Cet ajustement sur les marchés financiers couplé à la forte volatilité rend son appréciation de la conjoncture économique beaucoup plus incertaine. Des propos en ligne avec ceux de son président, Jean-Claude Tricher, prononcés la semaine dernière après le statu quo monétaire. "En somme, le bulletin de la BCE prône une attitude d'attentisme monétaire en matière de politique monétaire'", note Citigroup.
De fait, la BCE maintient sa prudence quand à l'évolution d'une quelconque répercussion de la crise financière sur l'économie réelle. Elle juge "nécessaire de recueillir des informations supplémentaires et d'éxaminer de nouvelles données avant de pouvoir tirer de nouvelles conclusions pour la politique monétaire dans le cadre de la stratégie à moyen terme de la BCE, axée sur le maintien de la stabilité des prix".
Alors que les prévisions disponibles pour 2008 confirment le principal scénario du conseil des gouverneurs d'une croissance réelle du PIB autour de son potentiel, les risques sur les prix sont pour la BCE à la hausse. Le conseil prévoit un taux d'inflation au-dessus de 2% d'ici à début 2008 avant de se modérer autour de la cible. L'autorité envisage une possible hausse des prix du pétrole, des produits agricoles, des prix administrés et des impôts indirects. A moyen/long terme, les taux de croissance de la masse monétaire et du crédit, certes portés par des facteurs temporaires comme la volatilité, confirment les risques haussiers sur la stabilité des prix.
"Alors que les faucons au sein de la BCE voulaient initialement relever les taux jusqu'à 4,50% d'ici à décembre 2007, l'euro fort et les turbulences sur les marchés financiers ont poussé la Banque centrale à temporiser avec un biais résiduel au resserrement", rappelle Bank of America. Pour la banque, une fois que l'économie américaine aura surmonté sa douce correction et que l'amorce du boom de la consommation au coeur de l'Europe commencera à se déployer, la BCE choisira probablement un point de vue modérément restrictif.
Nous avons vu précédemment que la VaR est une mesure des pertes potentielles d'instruments financiers pour une période donnée. Par exemple, on dira que la VaR sur tel instrument est de 1 millions d'euros sur 10 jours avec une probabilité de 2%. Cela veut dire qu'il y a une probabilité de 2% que la position sur cet instrument engendre une perte de 1 million d'euros d'ici à 10 jours.
Pour calculer la VaR, on peut utiliser 2 méthodes :
- La méthode statistique encore appelée méthode par scénarios,
- La méthode analytique.
Méthode Statistique :
- Scénario historique : Elle se base sur l'observation des gains et pertes d'un ensemble d'instruments financiers à partir de séries chronologiques de prix de marché. Les informations nécessaires sont :
- les caractéristiques des instruments en position,
- les modèles de pricing de chaque instrument,
- les données historiques de marché.
JP MORGAN, initiateur de la VaR met gratuitement à disposition les données statistiques sur les marchés via RISKMETRICS(TM) (http://www.riskmetrics.com)
Particulièrement adapté au calcul de la VaR sur des portefeuilles d'instruments optionnels.
- Scénario de stress : On établit des hypothèses de variation des différents facteurs de risque que l'on réévalue toutes les positions individuelles du portefeuille selon ces différents scénatios.
Cette méthode est notamment utilisée pour mettre en évidence l'effet de scénarios catastrophes observés dans le passé et mesurer ainsi le risque potentiel maximum.
Particulièrement adapté au calcul des niveaux de risques exceptionnels.
-Simulation de Monte Carlo : On réévalue le portefeuille en sélectionnant par tirage au sort les échantillons de facteurs de risuqes à partir des variations historiques.
Particulièrement adapté au calcul de la VaR sur des portefeuilles d'instruments optionnels .
Méthode analytique
Le calcul de la perte potentielle s'effectue à partir de la sensibilité des positions aux différents facteurs de risque.
Particulièrement adapté au calcul de VaR sur des portefeuilles d'instruments fermes.
La mise en oeuvre
Une fois trouvé le modèle mathématique satisfaisant, il reste à surmonter les obstacles de mise en oeuvre.
Trois points doivent particulièrement être soignés :
- La qualité des données : elles doivent couvrir les instruments traités par la banque et former un ensemble cohérent (même nombre d'observations, relevé synchrone, etc.)
- L'application de la théorie : celle-ci a amené un certain nombre de questions, quelle est la meilleure m'athode de prévision de la volatilité ? Comment réduire le nombre de données en évitant de relever les prix de toutes les obligations ou de toutes les actions ? Comment modéliser la courbe des taux d'intérêts ? Comment traiter les produits de type optionnel ?
- Le traitement de l'information : la puissance de calcul croissante autorise désormais la prise en compte de plus en plus d'instruments.
La Value at Risk, ou VaR, est une méthode d'évaluation du risque de marché. Elle a été introduite dès 1994 par la banque d'affaire JP MORGAN. Il s'agit d'une méthode largement répandue et quasiment utilisée par toutes les grandes banques.
En résumé, la VaR mesure une perte potentielle. Le problème revient à estimer deux concepts :
- la perte maximale sur un instrument financier.
- l'effet de la diversification du portefeuille
*- Définir la perte maximale : Qu'appelle t-on la perte maximale ? Doit on se baser sur un historique ? Et si oui, celui ci peut-il se reproduire ?
Inévitablement, ce problème nécessite de travailler sur des données statistiques, sur des probabilités et là, une seule solution : les mathématiques. En effet, elles fournissent une réponse notamment par l'utilisation de la loi Laplace-Gauss ou loi Normale, couramment utilisée en calcul des probabilités. Cette loi qui, d'après les études, s'applique le mieux aux variations de cours ou de taux des marchés financiers. Deux notions y sont prépondérantes : la moyenne et l'écart-type (également appelé volatilité).
On distingue deux types de volatilité :
- la volatilité historique, estimée d'après les prix passés et qui est généralement utilisée.
- la volatilité implicite, estimée d'après les prix des options mais qui est disponible uniquement pour les instruments se traitant sur ce type de marché.
*- Evaluer l'effet de diversification : en détenant deux actifs différents, un investisseur peut dans tous les cas bénéficier de diversification. Si ces deux actifs varient en sens opposés, les gains annuleront les pertes et l'effet sera maximal. Si les deux actifs varient parfaitement en concert, les pertes s'additionnent et dans ce cas le bénéfice de l'effet de la diversification est nul.
Dans l'univers mathématique des marchés financiers, ces actifs suivent chacun une loi de probabilité normale, ce qui les fera évoluer parfois dans le même sens, parfois en sens contraire, avec des amplitudes différentes. On aura alors des cas où la perte est compensée par un gain. La mesure de ce bénéfice est appelée le coefficient de corrélation. Il est compris entre -1 pour des actifs évoluant en opposition et +1 pour ceux dont les évolutions sont toujours identiques.
Les actifs financiers sont généralement liés entre euxpar des coefficients positifs ou faiblement négatifs. Lorsqu'il y a plus de deux, le problème se complique rapidement car l'effet de diversification doit se mesurer pour chaque paire d'actif. L'indicateur prend alors la forme d'une matrice dite "matrice de covariance", dont la taille peut atteindre plusieurs milliers de lignes et de colonnes.
Le calcul de la perte à un horizon donné peut donc se faire en calculant les pertes individuelles pour une probabilité donnée et en combinant les différentes pertes à l'aide de la matrice de corrélation pour obtenir un total inférieur à la somme des composants , mettant ainsi en évidence l'effet bénéfique de la diversification.
Limites de la VaR
La Value at Risk n'est qu'une mesure théorique d'une perte potentielle. Cette évaluation peut comporter une imprécision assez importante, qui serait par exemple intolérable dans le cadre d'un calcul de résultat. Cependant, la notion de VaR a ses limites qu'il vaut mieux connaitre.
*- Les limiltes conceptuelles : le concept de Value at Risk s'appuie sur des hypothèses qui sont parfois contestées par les faits :
- L'amplitude de certains mouvements de marché contrarie l'hypothèse de normalité des variations de prix.
- La prévision des prix futurs à partir de ceux passés est limitée (celui connaissant une méthode infaillible serait un dieu vivant).
- La liquidation des positions à une date donnée peut être plus difficile que prévue en cas de mouvements importants des marchés.
*- Les approcimations : la mise en oeuvre rapide et à coût limité impose l'utilisation d'approximations.
*- La vérification : ou le back-testing, est nécessaireafin d'assurer que le résultat réel ne dépasse la perte VaR que de temps en temps. En effet, si le dépassement survient souvent, on peut se poser la question de la pertinence du modèle utilisé, s'il survient trop rarement, le risque de l'activité est probablement surestimé.
L'Agefi du 27 septembre 2007
Petit retour en arrière, il y a quatre mois à peine : tandis que l'économie américaine ralentissait déjà, le mot d'ordre pour la zone euro était "découplage". Le destin de l'économie européenne ne semblait plus être lié à celui de la première économie mondiale. Aucune prévision de croissance n'était assez optimiste, aucun discours assez enjoué. C'était l' "euphorie" !
Quelques mauvaises nouvelles plus tard avec, entre autres, une baisse agressive des taux directeurs américains et la contagion d'un risque "made in USA" aux dettes financières européennes, qui affecte le refinancement interbancaire, et voila la BCE contrainte de suspendre une hausse de taux pourtant annocée.
On peut même parier que l'on assistera non pas à un découplage, mais à un "recollage" de la politique monétaire européenne sur la politique américaine. Quel est le mécanisme envisagé ? Tout d'abord la Fed continue de baisser les taux (-75 pb au cours des six prochains mois). Au pire, la BCE convertit son biais haussier actuel, plus vraisemblablement elle l'abandonne progressivement. Dans les deux cas, l'écart de taux d'intérêt se creuse en faveur des actifs européens : afflux de capitaux, nouvelle appréciation de l'euro, ralentissement des exportation et de la croissance européenne s'il n'y a pas d'intervention. Le rendement des dettes européennes diminue, la courbe des taux à 3mois/2 ans s'inverse encore. Les taux forward suivent le mouvement de la baisse. La BCE a les mains liées à l'instar de 2001 lorsqu'elle a dû changer son fusil d'épaule à un moment où elle pointait du doigt les risques inflationnistes.
Dans une telle situation de crise financière, et quel que soit son degré finalement, la politique monétaire s'écarte nécéssairement du chemain idéal tracé par l'analyse des fondamentaux économiques. C'est ce que reflète notre hypothèse de baisse à venir des taux BCE, tandis que notre indicateur suggère pour sa part encore une hausse.
Note : L'indicateur NATIXIS estime le taux refi BCE en vertu du comportement dont ont fait preuve les gouverneurs depuis la prise de mandat de la BCE, à l'examen du marché du travail, de l'inflation, de la croissance monétaire et du taux de change.